Rassemblement républicain devant la mairie de Koenigsmacker

Étant personnellement en déplacement,

Magaly Tonin 1ere adjointe et Martin Kintzinger 2eme adjoint ont transmis ce message à nos concitoyens rassemblés devant notre mairie.

Je vous le synthétise :

▶️Nous dénonçons la violence qui a été faite en France ce week end

▶️Nous saluons et remercions le travail des forces de l’ordre, des pompiers, des services municipaux,

▶️Nous demandons de sanctions les plus fortes possibles (y compris des expulsions, des peines de prisons fermes, des retraits d’allocations)

▶️Nous devons donc prendre garde à ne pas laisser le désordre, la peur et l’exaspération préparer le terrain à des pouvoirs autoritaires.

Nous n’avons pas à choisir entre le chaos et l’autoritarisme.

▶️Nous avons tous une part à prendre dans la construction de la société que nous voulons transmettre en particulier envers les jeunes à qui nous devons offrir un avenir de travail, une possibilité de fonder une famille, un logement. Cela en leur donnant aussi l’exigence et la responsabilité

🇫🇷Vive la France qui sait être ferme quand elle doit l’être, juste en toutes circonstances et solidaire quand les épreuves surviennent

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Mesdames, Messieurs,

Chers concitoyens,

Si nous sommes réunis aujourd’hui devant notre mairie, ce n’est ni par habitude, ni par convenance.

Nous sommes ici parce que quelque chose de grave s’est produit dans notre pays. Quelque chose qui nous concerne tous. Quelque chose qui ne peut laisser aucun citoyen attaché à la République indifférent.

Ce week-end la France a été confrontée à des scènes d’une extrême violence.

Des commerces ont été pillés, des véhicules incendiés, des bâtiments publics dégradés, des mairies attaquées, parfois même brûlées.

Des lieux qui appartiennent à tous ont été pris pour cible.

Et lorsque l’on s’attaque à une mairie, ce n’est pas seulement à des murs que l’on s’en prend. C’est à la maison commune des citoyens. C’est à un symbole de notre République, de notre démocratie et de notre vie collective.

Une mairie n’appartient pas à un parti, à un élu ou à un gouvernement. Elle appartient à tous les citoyens.

S’en prendre à elle, c’est s’en prendre à nous tous.

Et nous ne pouvons ni banaliser ces actes, ni les excuser, ni détourner le regard.

Car derrière chaque incendie, chaque vitrine brisée, chaque bâtiment détruit, il y a des femmes et des hommes qui subissent, qui ont peur, qui voient leur travail anéanti, parfois en quelques minutes. (Tel nos Commerçants, artisans, agents de collectivités, …)

À côté d’eux il y a aussi, celles et ceux qui se retrouvent en première ligne : nos policiers, nos gendarmes, nos pompiers, qui apportent secours et nous protègent.

À toutes ces femmes et à tous ces hommes, nous voulons aujourd’hui exprimer notre soutien, notre reconnaissance et notre solidarité.

Nous ne les oublions pas. Nous ne les laisserons pas seuls.

Notre présence aujourd’hui est aussi un message qui leur est destiné : la majorité silencieuse de nos concitoyens n’accepte pas que la violence devienne une fatalité.

Car il faut le dire clairement : la colère ne donne pas tous les droits. L’injustice ressentie ne justifie pas la destruction. Et aucune revendication ne saurait autoriser à brûler, piller ou agresser.

Dans une République, il existe des règles. Il existe des droits, mais aussi des devoirs.

Et ces règles doivent s’appliquer à tous.Sans faiblesse. Sans arbitraire.

Nous demandons donc de la fermeté à celles et ceux qui nous gouvernent aujourd’hui, comme à celles et ceux qui nous gouverneront demain.

Nous demandons que les responsables des violences soient identifiés, poursuivis et sanctionnés à la hauteur de la gravité de leurs actes.

Nous demandons que les peines prononcées soient effectivement exécutées, lorsque la loi le prévoit..

Nous demandons également que les conséquences administratives prévues par la loi soient appliquées lorsque les conditions sont réunies, notamment en matière de séjour pour les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des faits graves, ou vis à vis de la responsabilités des parents qui laissent faire.

Oui, nous avons besoin de réponses fortes.

Mais ces réponses doivent être efficaces, proportionnées et conformes à l’État de droit.

Car la fermeté républicaine n’est pas la vengeance. Elle est l’application déterminée de la loi.

Et nous devons avoir le courage de regarder notre histoire et celle des autres peuples pour comprendre ce qui peut arriver lorsqu’une société perd confiance dans sa capacité à maintenir l’ordre.

Regardons la Russie.

Après les années Eltsine, marquées notamment par les difficultés économiques, l’instabilité et le sentiment de déclassement d’une partie de la population, Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir en promettant de restaurer l’autorité de l’État et de ramener l’ordre.

Une partie importante de la population russe aspirait alors à la stabilité, à la sécurité et à une direction forte.

Mais nous connaissons aujourd’hui la suite de cette histoire : la concentration du pouvoir, le recul des libertés, la répression des oppositions et les guerres menées par le régime russe, notamment contre l’Ukraine.

Cette histoire doit nous faire réfléchir.

Lorsqu’un peuple a le sentiment que plus rien n’est maîtrisé, il peut finir par accepter, au nom de l’ordre, des renoncements qu’il aurait autrefois jugés inacceptables.

Nous devons donc prendre garde à ne pas laisser le désordre, la peur et l’exaspération préparer le terrain à des pouvoirs autoritaires.

Nous n’avons pas à choisir entre le chaos et l’autoritarisme.

Nous n’avons pas à choisir entre l’impuissance et la brutalité.

Nous pouvons, nous devons, défendre une troisième voie : celle d’une République ferme, respectée, protectrice, mais aussi libre, démocratique et fidèle à ses principes.

L’autorité sans la liberté devient l’arbitraire. La liberté sans l’autorité risque de devenir la loi du plus fort. Notre responsabilité est de tenir les deux.

Mais, Mesdames et Messieurs, si nous voulons sortir durablement de cette situation, nous devons aller plus loin que le seul rétablissement de l’ordre.

Nous devons aussi nous interroger sur ce que nous proposons à notre jeunesse.

Car notre jeunesse a besoin de perspectives.

Elle a besoin de croire que le travail permet de construire une vie digne.

Elle a besoin de pouvoir se former, trouver un emploi, se loger, fonder une famille, et regarder l’avenir avec confiance.

Elle a besoin de sentir que la société lui ouvre des portes plutôt qu’elle ne lui oppose des murs.

Et nous devons reconnaître une chose : nous ne pouvons pas demander aux jeunes de respecter une société dans laquelle ils ne trouveraient aucune place.

Mais nous ne pouvons pas davantage leur faire croire que tout leur est dû, que les règles sont facultatives ou que la violence constitue un moyen légitime de se faire entendre.

Donner des perspectives à notre jeunesse, ce n’est pas renoncer à l’exigence. C’est au contraire lui donner les moyens de réussir, tout en lui rappelant ses responsabilités.

C’est pourquoi notre réponse doit comporter deux dimensions indissociables.

La première, c’est l’autorité.

La seconde, c’est l’éducation, l’intégration et la responsabilité collective.

Nous devons mieux accompagner les jeunes, les aider à trouver leur place.

Nous devons soutenir celles et ceux qui, dans nos associations et nos communes, consacrent bénévolement leur temps à transmettre des valeurs, à prévenir les conflits et à créer du lien.

Nous devons faire en sorte que les jeunes puissent rencontrer des adultes qui les écoutent, les orientent, leur apprennent un métier et leur montrent qu’il existe d’autres horizons que ceux qu’ils découvrent sur leurs écrans.

Car nous ne pouvons pas abandonner une génération aux seuls algorithmes des réseaux sociaux, à la colère permanente, à la comparaison, aux provocations et aux discours de haine.

Il faut recréer du temps partagé, des activités collectives, des engagements concrets et des occasions de se sentir utile pour les jeunes.

Il faut également renforcer l’exigence à l’école.

Notre école doit transmettre des connaissances solides, la maîtrise de la langue, le goût de l’effort, le respect des autres et la compréhension de nos institutions.

Car croire en notre jeunesse, ce n’est pas lui demander moins. C’est lui permettre de faire mieux.

Et cette responsabilité ne repose pas uniquement sur l’État ou sur les enseignants.

Elle repose aussi sur les familles, les associations, les élus, les entreprises et chacun d’entre nous.

Nous avons tous une part à prendre dans la construction de la société que nous voulons transmettre.

C’est aussi pour cela que nous sommes réunis devant cette mairie.

Parce que la République ne vit pas seulement à Paris, dans les ministères ou dans les discours politiques.

Elle vit ici.

Dans nos communes, dans nos écoles, dans nos associations, dans nos commerces, dans nos entreprises, dans nos familles.

Elle vit dans notre capacité à nous parler, à nous respecter et à agir ensemble malgré nos différences.

Je voudrais terminer par une conviction qui me semble essentielle.

Face à la violence, face aux divisions, face aux discours qui opposent les Français les uns aux autres, nous devons tenir bon sur nos valeurs.

Nous devons défendre la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, le respect de la loi, la dignité humaine et l’attachement à notre démocratie..

Nous avons le droit d’être fiers de ce que nous sommes et de vouloir transmettre cet héritage à nos enfants.

Mais défendre nos valeurs ne signifie pas nous replier sur nous-mêmes.

Ce serait même une erreur profonde.

Car certains discours, certaines stratégies politiques et certains entrepreneurs de colère prospèrent précisément sur le repli, la peur et la haine.

Ils attendent que nous cessions de nous parler.

Ils attendent que nous considérions notre voisin comme un adversaire, que nous renoncions à comprendre ceux qui ne pensent pas comme nous, que nous nous enfermions dans des camps irréconciliables.

Ne leur donnons pas cette victoire.

La meilleure réponse à la haine n’est pas la haine en retour. C’est la force de nos convictions, la cohérence de nos actes et notre capacité à construire ensemble.

Notre devoir est de faire grandir ce qui rassemble.

C’est pour notre pays que nous devons nous mobiliser.

C’est pour nos communes que nous devons nous engager.

C’est pour nos enfants et nos petits-enfants que nous devons agir.

Afin qu’ils puissent grandir dans une France où l’on respecte les règles, où l’on protège ceux qui travaillent, où l’on récompense l’effort, où chacun peut trouver sa place et où la liberté s’exerce dans le respect des autres.

Une France qui ne choisit ni la résignation ni l’autoritarisme.

Une France qui assume son histoire, qui défend ses valeurs et qui prépare son avenir.

Une France qui sait être ferme quand elle doit l’être, juste en toutes circonstances et solidaire quand les épreuves surviennent.

Alors, devant cette mairie, faisons entendre un message simple.

Nous sommes attachés à la République.

Nous sommes attachés à l’ordre, à la justice et à la liberté.

Nous sommes attachés à notre jeunesse et à la transmission de nos valeurs.

Vive nos communes,

Vive la République,

Et vive la France !